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mercredi 10 juin 2026 à 05:25

Montceau-les-Mines – Foyer des Jeunes Travailleurs



 

 

 

La question du financement du rachat de la résidence Henri Malot à Montceau aura longtemps cristallisé les tensions entre les communes du Bassin Minier, notamment entre Montceau et Saint-Vallier. Ce mardi 9 juin, lors de l’assemblée générale du Foyer des Jeunes Travailleurs (FJT), son président, Éric Meny, est revenu sur ce dossier délicat, désormais en voie de résolution.

Un montage financier complexe dès l’origine

Initialement, le Foyer des Jeunes Travailleurs devait racheter la résidence Henri Malot. Mais un manque de financement de 500 000 euros avait rapidement mis en lumière des divergences entre les quatre communes.

Blanzy s’était engagée sur une participation calculée au prorata de sa population. Lorsque le besoin financier s’est réduit, la commune est restée sur son engagement initial de 85 000 euros, alors qu’un recalcul proportionnel aurait dû être appliqué à l’ensemble des communes, comme l’avaient fait Montceau et Blanzy, qui avaient « joué le jeu ».

Saint-Vallier et Sanvignes aussi

Au moment où il restait 60 000 euros à réunir, Saint-Vallier a finalement décidé de contribuer à hauteur de 35 000 euros, tandis que Sanvignes apportait 25 000 euros.

Une participation tardive mais décisive, permettant de finaliser le plan de financement.

Une petite partie reste encore à valider, mais elle sera soumise prochainement au Conseil de Communauté.

Garanties d’emprunt : un effort partagé

En complément des subventions, les communes se sont engagées à garantir l’emprunt contracté pour l’opération. Le Conseil Départemental assure 50 % de la garantie de l’emprunt de l’Opac, tandis que les communes garantissent le reste, proportionnellement à leur participation financière.

L’Opac futur propriétaire, le FJT locataire

Au terme du montage, c’est finalement l’Opac qui deviendra propriétaire de la résidence Henri Malot. Le Foyer des Jeunes Travailleurs, lui, en sera locataire, ce qui sécurise son activité tout en évitant une charge financière trop lourde.

Des résidents relogés, mais pas tous

La fermeture progressive de la résidence Henri Malot a entraîné la répartition des résidents dans d’autres structures : la majorité a été accueillie à Sanvignes, une ou deux personnes ont été relogées à Blanzy, neuf résidents vivent encore à Henri Malot, dont un âgé de plus de 30 ans, car la résidence fonctionnait également comme RPA et pouvait accueillir des jeunes adultes.

Une signature sous pression

L’Opac doit désormais signer la vente avec Amaelles. Mais le calendrier est serré : si l’acte n’est pas signé avant la date-butoir, le compromis deviendra caduc, entraînant l’annulation des engagements des deux parties et un retour à la case départ pour au moins trois mois.

Cinq ans qu’on est sur le projet

Mme Jarrot, ancienne maire de la ville, a interpellé le président : « Vous dites encore « Si l’achat ne se fait pas… ».

Éric Meny a rétorqué : « Madame Jarrot, cela fait cinq ans qu’on est sur le projet. À quinze jours près, moi, je ne me projette plus. Autrement, je ne dors plus… ».

Elle a alors demandé : « Vous avez un prévisionnel temporel là-dessus ? ».

Le président a détaillé un calendrier aussi serré qu’incertain : « Si tout va bien, logiquement mi-juillet, l’acte de vente sera signé. Nous aurons alors trois mois pour partir d’ici, du Foyer des jeunes travailleurs, rue de la Résistance. Et puis, nous avons 300 000 euros de meubles à acheter, mais on ne peut pas les commander, tant qu’on n’est pas sûrs que la vente se fera ».

Il a insisté sur l’absurdité de la situation : « Si nous n’avons pas ces meubles en temps et en heure, nous devrons emmener ceux que nous avons ici. Et cela coûtera 50 000 euros. Une somme que nous pourrions mettre ailleurs ».

Puis Éric Meny a rappelé la réalité logistique :

« Si on commande en juillet, rien ne sera livré avant septembre. Cela fait cinq ans que nous vivons dans une incertitude usante et lassante. Organiser un déménagement avec dix personnes pour vider 80 appartements, c’est très compliqué. Et sur ces dix personnes, il y a quatre bénévoles… ».

Il faut arrêter de prendre les bénévoles pour des idiots

Le président a ensuite lancé un appel clair : « Nous appelons à la responsabilité des instances locales, départementales et nationales. À un moment donné, il faut être cohérents. On nous demande d’être de plus en plus professionnels, responsables, avec de plus en plus de contraintes juridiques et de responsabilités ! ».

Avant de lâcher la phrase la plus dure de la soirée : « Cela fait cinq ans que je le dis : si l’ensemble des politiques veut que notre structure meure, qu’il le dise et on arrête tout ! Je n’ai plus envie de jouer au chat et à la souris ».

Il a également dénoncé l’absence de soutien financier :

« Je trouve complètement anormal que le Département ne puisse pas nous attribuer une subvention exceptionnelle pour un projet comme le nôtre.

Et la Communauté… pendant quatre ans, ils nous ont fait faire des tonnes de dossiers pour finalement nous dire que cela ne faisait pas partie de leur compétence ! ».

Et de conclure, amer : « Il faut arrêter de prendre les bénévoles pour des idiots ».

Une équipe épuisée

Au terme de cette assemblée générale, une chose apparaît clairement : derrière les chiffres, les garanties d’emprunt et les procédures administratives, il y a une équipe épuisée, des bénévoles qui tiennent la structure à bout de bras, et un président qui, après cinq années d’incertitudes, n’a plus la patience pour les demi-engagements.

Le rachat de la résidence Henri Malot n’est pas seulement une opération immobilière : c’est un test de cohérence et de responsabilité pour l’ensemble des acteurs publics du territoire.

Si la signature de l’acte de vente intervient bien mi-juillet, comme espéré, le Foyer des Jeunes Travailleurs pourra enfin sortir de cette zone grise qui l’use depuis trop longtemps. Dans le cas contraire, c’est un nouveau cycle d’attente, de reports et de fragilisation qui s’ouvrira.

Reste désormais à savoir si les collectivités locales, départementales et nationales, entendront l’appel lancé ce soir. Car comme l’a rappelé Éric Meny, ce sont les jeunes du Bassin Minier, et ceux qui les accompagnent au quotidien, qui paient le prix de ces lenteurs.

Et pour eux, le temps perdu ne se rattrape jamais…

 

Nelly Desplanches

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