Montceau-les-Mines : Conférence
Le mercredi 29 avril, l’Embarcadère a accueilli une rencontre autour du travail de Julien Clar, organisée au cœur même de son exposition intitulée « 23h59 ». Guidé par les questions de Charlotte Lavigne, médiatrice culturelle, l’artiste a commencé la séance en lisant un haïku, plongeant le public dans une atmosphère intime, où seule sa voix résonnait.
L’échange s’est ensuite orienté vers les intentions qui traversent son œuvre, notamment autour de la pièce centrale de l’exposition : Aux larmes. Cette sculpture monumentale, un arbre d’environ quatre mètres d’envergure, a été façonnée à partir de plusieurs milliers de mouchoirs en papier, matériau fragile et symbolique que l’artiste détourne pour interroger la sensibilité et la mémoire.
Dans l’exposition, les mouchoirs occupent une place essentielle. Ils deviennent un motif chargé d’émotions, évoquant tour à tour la peine, la fragilité du corps ou encore l’absence. Julien Clar explique que l’ensemble de son travail s’inscrit dans une démarche proche de l’esthétique du haïku.
Monument : la beauté du fragment
Charlotte invite ensuite Julien Clar à revenir sur « Monument », une œuvre constituée d’éclats de verre trempé soigneusement recomposés. À l’origine, il ne s’agissait que d’un simple plateau de table en verre, transformé par l’artiste en une sorte de sablier. Mais l’objet s’est brisé durant le transport, offrant à Julien une matière inattendue.
De cet accident, il a tiré une scène saisissante, où les fragments assemblés créent une forme nouvelle, à la fois fragile et puissante. Une pièce qui prend tout son sens lorsqu’on la découvre sur place.
Instants fragiles de la vie, instants de bascule
L’artiste insiste sur l’importance d’agir avant qu’il ne soit trop tard, une idée qui traverse l’ensemble de son travail. Pour lui, vivre ne se résume pas à avancer mécaniquement dans le temps : c’est un choix conscient, un engagement quotidien. Il rappelle que l’existence est faite d’instants fragiles, souvent imperceptibles, qui peuvent basculer d’un moment à l’autre.
Cette réflexion prend tout son sens dans son exposition, où chaque œuvre semble suspendue entre deux états. Entre ce qui est encore là et ce qui pourrait disparaître. En soulignant ce fil ténu entre la vie et la mort, Julien Clar invite le public à mesurer la valeur du présent.
Son message est clair : attendre le « bon moment » revient souvent à laisser filer les occasions essentielles. Il encourage au contraire à saisir ce qui se présente, à habiter pleinement le temps, à reconnaître la beauté et la vulnérabilité de ce qui nous entoure.
Ainsi, sa démarche artistique devient une forme de rappel : la vie n’est jamais garantie, et c’est précisément cette fragilité qui lui donne sa profondeur.
23h59, le seuil, le point de tension
23h59, c’est un titre qui porte déjà une charge symbolique très forte. Il évoque un moment-limite, un instant suspendu juste avant le basculement. Ce n’est pas encore minuit, mais ce n’est déjà plus vraiment le jour. C’est un seuil, un point de tension.
Ce choix n’est pas anodin : il installe immédiatement l’idée d’urgence, de fragilité, de temps compté. Des thèmes qui traversent l’ensemble du travail de Julien Clar.
Les échanges entre l’artiste et le public ont été particulièrement riches, donnant naissance à un dialogue vivant et passionnant qui a approfondi la compréhension de son travail.
Table ronde le 27 mai
Le mercredi 27 mai à 18h30 se tiendra une table ronde intitulée « La vie et la mort, réflexion autour de notre rapport à la finitude ». Cette rencontre, ouverte à tous, nécessite une réservation préalable.
L’exposition de Julien Clar restera accessible au public jusqu’au 6 juin prochain.
Nelly Desplanches










