Tribune : Justice ou liquidation judiciaire ?
Communiqué :
« Monsieur le Ministre, ne bradez pas la mémoire de nos enfants.
Je m’appelle Marie-Rose Blétry, présidente de l’association Christelle et maman victime. Nous avons lutté 20 ans pour que l’assassin de Christelle MAILLERY soit jugé et 18 ans pour que l’assassin de ma fille Christelle soit enfin jugé. Ce combat, mené avec l’association « Christelle » et Maître Didier SEBAN, nous obligent aujourd’hui à briser le silence face à votre projet de loi « SURE ».
Vous proposez d’étendre le plaider-coupable aux crimes les plus graves. Votre objectif ? Juger « vite et bien » pour réduire les stocks de dossiers, faute de moyens supplémentaires. Mais peut-on vraiment juger l’assassin d’un enfant en une demi-journée ? Peut-on concevoir une justice sans témoins, sans experts, sans débats contradictoires, où la peine se négocie comme un simple constat ?
En voulant accélérer la machine judiciaire, vous effacez les victimes. Le procès criminel est une étape de vérité indispensable. Le réduire à une audience de pure forme est une insulte à notre douleur et une démission de l’État.
Des solutions concrètes plutôt que le renoncement
Si vous voulez vraiment une justice efficace et moderne, Monsieur le Ministre, tournez-vous vers de vrais leviers de progrès plutôt que de brader les assises comme le dit Didier SEBAN :
La généalogie génétique : Autorisons enfin ce recours scientifique pour identifier les suspects dans les dossiers criminels, comme cela se fait avec succès à l’étranger.
Si les moyens d’enquête était mis immédiatement, les dossiers seraient traités et jugés plus rapidement
Une mémoire criminelle centralisée : Mettons en place une véritable base de données historique au sein des juridictions. Ce partage d’informations ferait gagner un temps précieux aux enquêteurs et aux juges d’instruction en identifiant les modes opératoires récurrents.
Ces mesures donneraient du souffle aux tribunaux sans sacrifier les droits des victimes. Les membres de l’association Christelle s’opposent fermement à cette réforme qui privilégie la rentabilité sur l’humanité. Ce sentiment de justice « au rabais » alimente une colère sourde chez les Français et pousse les citoyens vers les votes de rupture.
On ne rend pas justice avec un chronomètre. Ma voix, celle des familles victimes, et celle des adhérents de l’association Christelle s’élèveront pour que la mémoire de nos enfants soit respectée.
Pour notre association, l’imprescriptibilité des crimes de sang est indispensable : Le temps ne doit plus être l’allié des assassins. Un crime ne s’efface pas avec les années.
De même nous soutenons les avocats du barreau de CHALON SUR SAONE, de MACON et de la France entière, dans leur mouvement de grève.
Marie-Rose Blétry Présidente de l’association Christelle et les membres de l’Association Christelle
Si vous soutenez notre cause, signez la pétition »



