Montceau-les-Mines – Ligue des Droits de l’Homme
La section locale LDH bassin minier a organisé samedi 21 février au syndicat des mineurs, une conférence débat avec Sylvain Aubry, directeur adjoint du programme international sur la justice économique à Human Rights Watch (HRW) intitulée « Droits Humains et inégalités sociales » consacrée aux droits humains, à leurs enjeux contemporains et aux défis auxquels notre société doit répondre.
Stéphane Brun, le nouveau président de la section locale a salué la présence de Nathalie Téhio, présidente nationale de la LDH, la sénatrice Paulette Matray et l’intervenant Sylvain Aubry.
En introduction, Nathalie Téhio a rappelé la naissance de la LDH, ses textes fondateurs, la déclaration universelle des droits de l’homme et la charte des nations unies.
Pour la Ligue des Droits de l’Homme, deux principes sont fondamentaux : l’indivisibilité des droits et l’universalité des droits.
Ces deux principes s’opposent de fait à l’extrême droite qui prône l’exclusion, la préférence nationale.
« Nous ne sommes pas partisan. Nous ne soutenons aucun parti. Nous portons la défense de la démocratie et la défense des droits.
L’extrême droite et Retailleau veulent s’attaquer à l’état de droit.
Les inégalités s’accroissent, les riches ne paient pas suffisamment leur impôt, le discours d’exclusion se banalise, alors que les droits sont indéfectibles ».
Sylvain Aubry poursuit :
« Les enjeux sociaux-économiques, les liens et la montée de l’extrême droite. Comment agir ? »
Questions à la salle : « quels sont les enjeux sociaux économique auxquels vous faites face ? »
Plusieurs réponses confirment que les droits sociaux- économiques et culturels sont en perdition : le droit à la santé, l’égalité financière pour la poursuite des études supérieures, la problématique du logement, …
Après cette radiographie locale, on se rend compte que les droits essentiels ne sont pas respectés pour tous. Quand on parle des droits de l’homme, on pense liberté de la presse, liberté de circulation, emprisonnement abusif, justice…
Les droits sociaux économiques et culturels sont présents dans le préambule de 1946, dans la déclaration des droits de 1948, …
Dans deux traités : le pacte international civil et politique et le pacte humain sociaux économiques et culturels qui fondent la charte internationale des droits de l’homme.
Les états ont obligation au maximum de leurs ressources disponibles en vue de la réalisation de ces droits.
« 18 525 foyers qui ont plus d’un million de revenu ne paient pas d’impôt. C’est le droit de quelqu’un qui n’est pas réalisé. Ceci permet de poser les questions de fiscalité en terme de droits.
Poser ces questions en terme de droits permet 3 choses :
– permet de dépasser les clivages sous un angle légitime
-permet les recours juridiques au niveau national, européen, ONU
-permet d’avoir une vision cohérente d’une société qui prône la dignité. »
Pour comprendre la montée de l’extrême droite, Sylvain Aubry a comparé et croisé plusieurs cartes : les résultats des dernières élections en Bourgogne Franche Comté et un focus sur Montceau qui a vu le RN à 40 %, carte de la pauvreté, taux de chômage, logements vacants, le temps d’accès à la maternité, le temps pour un accès chez un médecin, …
Montceau se retrouve dans la zone la plus impactée : perte des services publics, sentiment d’abandon, pauvreté, …
« Il faut donc redonner de la visibilité aux droits : faire du porte à porte, investir les tribunaux, réinvestir le discours politique ».
Que faire ?
« La réaction va venir de la société civile. Les droits de l’homme nous permettent d’avoir un langage commun et de ne pas se sentir seul. Il faut pratiquer le partage d’informations ».
Par exemple, au sommet mondial du développement en novembre 2025, la convention fiscale de l’ONU est née et sera signée en septembre 2027 pour contrer l’évasion fiscale.
À la COP 30, un mécanisme pour une transition juste a été adopté.
« La transition injuste, serait l’arrivée de l’extrême droite à la tête de Montceau-les-mines ! », conclut Sylvain Aubry.
J.L Pradines











