Patrimoine : Assemblée générale de l’association de sauvegarde du lavoir des Chavannes
L’assemblée générale de l’association de sauvegarde du patrimoine du lavoir des Chavannes, organisée le 22 février, a été marquée par des échanges nourris autour de la gestion financière, mais aussi par des difficultés à renouveler les instances dirigeantes. Une situation qui interroge sur l’avenir de la structure, pourtant très active sur le terrain.
Après l’hommage rendu en début de séance à deux membres historiques disparus, les débats se sont concentrés sur le rapport financier 2025. Plusieurs adhérents ont exprimé leurs interrogations sur le budget et les dépenses, en particulier la facture d’électricité, qui constitue désormais le principal poste de charges. Certains participants ont demandé des explications sur les montants et les modalités de paiement, ainsi que sur les raisons de cette hausse. Des questions ont également porté sur la répartition des coûts, l’existence de deux compteurs et la possibilité d’alléger la facture. L’intervention d’EDF pour modifier certaines installations a été évoquée, sans que toutes les interrogations soient levées. Il a été demandé aussi si la commune ne pourrait pas prendre en charge les factures d’électricité comme pour les autres associations. Madame le maire rappelle que la convention a été établie comme cela avec l’association. Elle va réfléchir à la demande et creuser la question des 2 compteurs.
D’autres échanges ont concerné la personnalité de la personne chargée de présenter le bilan 2025, cela a révélé une fois de plus des tensions internes et un besoin de clarification sur le fonctionnement et la communication au sein de l’association.
Au-delà de ces questions, la gouvernance de la structure est apparue comme un enjeu majeur. Selon plusieurs intervenants, le conseil d’administration ne compte plus aujourd’hui que le président en fonction, ce qui fragilise le fonctionnement de l’association. Cette situation a conduit à un appel au renouvellement et à une mobilisation des adhérents en effet le Président Gagne mène de front ses fonctions et celles des 2 membres manquants du bureau.
Deux candidatures ont été proposées : Clarisse Rakoute pour le poste de secrétaire et Caroline Iannuzzi-Gagne pour celui de trésorière. Toutefois, aucune autre personne dans l’assemblée ne s’est portée volontaire. Le vote organisé lors de la réunion n’a pas permis de valider ces élections, faute d’accord suffisant, illustrant les difficultés actuelles à structurer une nouvelle équipe dirigeante. Face à cette impasse, il a été décidé de convoquer un conseil d’administration exceptionnel le 28 février à 14 heures afin de trouver une solution et de garantir la continuité de l’association.
Malgré ces tensions internes, les bénévoles ont rappelé leur attachement au projet et leur volonté de poursuivre les activités, notamment les brocantes et les Journées européennes du patrimoine, qui attirent chaque année un public nombreux. Reste désormais à stabiliser la gouvernance et à restaurer un climat de confiance pour poursuivre la sauvegarde et la valorisation du lavoir. Il y a sans doute des incompréhensions entre les membres mais pas au sujet des objectifs de l’association.
Il a été dressé le bilan d’une année active, marquée par un engagement bénévole constant, mais aussi par des interrogations sur l’avenir du site et les relations avec la municipalité.
Le rapport financier présenté lors de la réunion a confirmé ces difficultés. La facture énergétique dépasse les 4 000 euros, un niveau jugé disproportionné par les responsables au regard des usages réels. Sans le recours à l’épargne, l’exercice 2025 aurait été déficitaire. Des mesures ont été prises pour réduire les dépenses, notamment un changement de contrat d’énergie et la réduction des frais postaux grâce à la généralisation des échanges par voie numérique.
Malgré ces contraintes, l’association a maintenu un programme d’activités soutenu. Les brocantes mensuelles, organisées de mars à octobre, ont réuni en moyenne une quinzaine d’exposants. Les Journées européennes du patrimoine ont attiré près de 800 visiteurs, confirmant l’intérêt du public pour ce lieu chargé d’histoire. Un loto organisé à l’automne a également rencontré un succès notable. En revanche, une soirée prévue en fin d’année a dû être annulée faute de participants.
Pour 2026, les bénévoles entendent poursuivre ces actions afin de consolider leurs ressources et préparer les prochaines Journées du patrimoine. Leur ambition reste la même : faire du lavoir un lieu vivant, culturel et ouvert, tout en participant à la conservation du patrimoine local. Depuis plusieurs années, les bénévoles se mobilisent pour restaurer ce site emblématique du patrimoine industriel et historique local. L’acquisition du lavoir par la commune en 2022 avait suscité de grands espoirs, notamment la promesse d’un soutien financier pour la rénovation de la toiture et la mise hors d’eau des annexes. Mais, selon l’association, le manque d’informations sur l’avancement du projet et les financements reste une source d’inquiétude.
Les responsables ont pointé un déficit de communication avec les élus. Ils appellent à un dialogue plus régulier avec la future municipalité et souhaitent la création d’un groupe de travail commun. Objectif : élaborer un projet partagé, réaliste et innovant pour le devenir du site. L’association souligne qu’elle dispose de compétences techniques et travaille depuis plusieurs années avec des écoles d’architecture à Paris, Clermont, Lyon et Grenoble, dont les étudiants contribuent à la réflexion sur les aménagements possibles.
Sur le plan administratif, la situation reste également en suspens. Une convention d’occupation des locaux, pourtant indispensable pour sécuriser l’action associative, est en discussion depuis 2024 sans aboutir à ce jour. Dans le même temps, l’association a sollicité une aide exceptionnelle pour faire face à une facture d’électricité jugée très élevée.
Au-delà des difficultés financières et administratives, l’association se veut force de proposition. Plusieurs pistes ont été évoquées pour l’avenir du site, notamment des projets innovants, des partenariats renforcés avec la commune ou encore une valorisation touristique et culturelle selon un projet présenté il y a 3/4 ans et qui resurgirait. Mme le maire esquisse un peu le projet et invite Mme Louis, qui l’interroge sur l’avenir du lavoir, à venir en mairie consulter le dossier. Madame le maire entend bien mettre en œuvre un parcours des puits et tient à ce que le lavoir reste un centre d’interprétation.
Il reste désormais à concrétiser ces perspectives dans un cadre concerté en retrouvant une sérénité indispensable et en remettant en place un bureau prêt à relever les défis.
Gilles Desnoix











