Montceau-les-Mines : Pattes de velours

Comme nous l’avons relaté un peu plus tôt, l’assemblée générale de Pattes de Velours, qui s’est déroulée ce samedi à la salle du Magny, a rapidement tourné au règlement de comptes entre une partie du conseil d’administration et la présidente Martine Léger, chacun étant soutenu par ses propres partisans.
Dès l’ouverture de la séance, l’atmosphère était lourde : seules deux personnes avaient pris place à la table du conseil d’administration, signe visible des tensions internes.
Dans un premier temps, l’assemblée s’est déroulée de manière presque normale. En l’absence du camp adverse. Mais très vite, les échanges ont été ponctués de piques lancées par la présidente, notamment à l’encontre de la municipalité et plus précisément de la maire Marie‑Claude Jarrot. Qui était présente avec quelques élus montcelliens et les élus des communes de Blanzy, Saint-Vallier et Sanvignes.
Un climat électrique qui laissait présager une réunion loin d’être apaisée.
Toute la collecte dérobée
Dans un premier temps, la présidente a laissé éclater sa colère. Après une collecte particulièrement fructueuse à l’hypermarché Leclerc (près de 1 600 kg de croquettes, l’équivalent de dix caddies pleins) tout a été dérobé dans la nuit de samedi à dimanche.
« Ce sont les chats qui sont les premières victimes de ces actes de malveillance », a-t‑elle dénoncé, visiblement bouleversée.
La présidente a ajouté, encore sous le choc : « La jalousie n’a pas de limite… Nous devons vraiment déranger, pour que certains en arrivent à commettre de tels actes ».
Elle a également rappelé qu’à Noël dernier, une personne avait empoisonné plusieurs chats en leur donnant des médicaments destinés à des adultes. Un acte d’une grande cruauté, qui avait profondément marqué les bénévoles de l’association.
Plus de subvention municipale
Mme Léger a ensuite reproché à Marie‑Claude Jarrot de lui avoir bloqué la subvention municipale de 900 €, ce qui, selon elle, a lourdement pesé sur la trésorerie de l’association.
« Nous avons près de 10 000 € de frais vétérinaires par an, parce que nos chats, nous les soignons ! » a‑t‑elle insisté, soulignant la difficulté de maintenir l’activité sans ce soutien financier.
S’approprier la chatterie
La présidente a ensuite laissé exploser sa colère, affirmant que la municipalité chercherait à confier la chatterie du Bois-du-Verne à une autre responsable associative, spécialisée dans les chats, par ailleurs conseillère municipale. Une accusation lourde, lancée devant une assemblée déjà sous tension.
Le chalet Chatipi à Pattes de Velours
Concrètement, les chalets Chatipi sont des abris en bois pensés par One Voice, où les petits félins sont stérilisés, identifiés, soignés, mais laissés libres. Un Chatipi, destiné à l’association Pattes de Velours, est en train de se monter aux Mirauds à Blanzy.
Martine Léger a affirmé que certains chercheraient également à se l’approprier. Une nouvelle accusation, qui est venue renforcer le climat de méfiance et de tensions déjà palpable au sein de l’assemblée. Roger Montel, élu à Blanzy a fermement confirmé que ce Chatipi reviendrait bien à Pattes de Velours.
Un conseil d’administration en lambeaux
Le conseil d’administration s’est réduit comme peau de chagrin (il ne restait plus que la présidente et un autre membre). Les autres administrateurs, ainsi qu’une grande partie des adhérents et bénévoles avaient quitté le navire ces derniers jours. Leur absence en début de séance en témoignait encore.
Pourtant, une trentaine de minutes après l’ouverture de l’assemblée générale, ils sont entrés en nombre dans la salle, modifiant brusquement l’atmosphère et révélant l’ampleur des dissensions internes.
La présidente leur a alors demandé de quitter la salle, estimant qu’ils n’étaient pas invités à cette assemblée générale. Ce qu’ils ont refusé de faire.
Intervention de la police nationale
A noter que la police nationale, accompagnée du commissaire Julien Rouaire, a été appelée sur place afin de sécuriser la situation et constater les faits.
La longue litanie des griefs
Les adhérents ont alors exposé une longue liste de griefs à l’encontre de la présidente. Ils lui reprochent notamment de ne pas respecter les principes démocratiques de l’association, de violer les statuts, d’adopter une attitude agressive envers les bénévoles, de proférer insultes et propos diffamatoires, mais aussi d’assumer de fait le rôle de trésorière.
Ils dénoncent également le fait qu’elle soit la seule à avoir accès aux comptes et à disposer de la signature bancaire, une situation jugée contraire au fonctionnement normal d’une association.
Révocation immédiate de l’ensemble des membres dirigeants
Selon le procès-verbal établi à l’issue de l’assemblée générale, plusieurs décisions ont été actées, parmi lesquelles :
La révocation immédiate de l’ensemble des membres dirigeants.
La désignation de cinq administrateurs provisoires chargés d’assurer la continuité de l’association : Sylvie Zito, Benjamin Gremy, Nathalie Joseph, Pierre Mences et Martine Desseigne.
Une phase de transition
Cette assemblée générale aura mis en lumière des désaccords profonds au sein de Pattes de Velours.
Les décisions prises en fin de séance ouvrent désormais une phase de transition, confiée à un collège d’administrateurs provisoires, chargé de rétablir un fonctionnement conforme aux statuts.
Les prochaines semaines diront si cette réorganisation permettra de stabiliser l’association et de recentrer les efforts sur sa mission première : la protection des chats.
Nelly Desplanches
















