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mercredi 6 mai 2026 à 16:35

CODEF (Collectif des Usagers des hôpitaux)



 

 

Communiqué :

 

« Un hôpital public, ce n’est pas qu’un bâtiment

Un hôpital public, ce n’est pas seulement un bâtiment, un budget ou des indicateurs d’activité. C’est un lieu de mémoire, un symbole de la conquête d’une protection sociale pour les mineurs, leurs familles, les habitant·es de tout le bassin. En baptisant l’hôpital du nom de Jean Bouveri en 1927, lle conseil d’administration de l’époque a voulu reconnaître l’apport d’un élu qui avait rompu avec la domination de la Compagnie des mines pour construire des services publics, des écoles, des œuvres d’assistance laïques et municipales.

Ce choix n’a rien de folklorique : il inscrit dans la durée l’idée qu’un hôpital peut être à la fois un outil de soin et un marqueur de l’histoire sociale et politique d’un territoire.

C’est cette articulation que l’on cherche aujourd’hui à dissoudre : garder la coquille (un « centre hospitalier de Montceau »), mais vider peu à peu ce qui fait sa singularité, son enracinement, son identité populaire. Nous ne demandons pas la nostalgie. Nous demandons le respect.

Nous demandons la cohérence entre les discours officiels sur la « modernisation » de l’offre de soins et la préservation de la mémoire qui a rendu cette offre possible.

 

Concrètement :

• Nous demandons le rétablissement explicite et systématique de l’appellation complète « Centre hospitalier Jean Bouveri » sur tous les supports : site internet, documents institutionnels, signalétique extérieure, correspondances, rapports, projets d’établissement. Et bien évidemment, le répondeur téléphonique…

• Nous demandons au conseil de surveillance du centre hospitalier d’adopter un vœu réaffirmant que le nom « Jean Bouveri » fait partie intégrante de l’identité de l’établissement et qu’il doit être visible en toutes circonstances, y compris dans les instances du GHT et de l’ARS.

• Nous appelons les élu·es locaux, de toutes sensibilités, à se prononcer publiquement sur ce sujet : peut‑on se dire attaché à l’hôpital public sur notre bassin de vie et accepter qu’on en efface le nom historique, celui d’un maire issu du monde ouvrier ?

• Nous invitons la direction et les tutelles à assumer pleinement la double exigence qui s’impose aujourd’hui : un hôpital moderne, bien équipé, oui ; un hôpital amnésique, déconnecté de son histoire sociale et politique, non. Une question simple, pour finir Au fond, la question est simple.

 

Dans un territoire marqué par un siècle et demi de travail minier, d’engagement syndical et politique, par des décennies de combats pour l’hôpital, voulons‑nous d’un établissement qui s’appelle « Centre hospitalier de Montceau », ou d’un hôpital qui assume de porter, encore et toujours, le nom de Jean Bouveri ?

Ce n’est pas une querelle de mots. C’est une manière de nous rappeler en permanence de quelle histoire il est l’héritier. À chacun, citoyen·ne, élu·e, soignant·es, syndicalistes, responsable d’ARS ou membre du conseil de surveillance, de répondre à cette question, en conscience, et d’en tirer les conséquences.

Madame la Directrice générale de l’ARS BFC, les Maires des communes de Saint-Vallier, Sanvignes, Blanzy et Montceau les Mines ont reçu personnellement ces 3 communiqués.

De l’ARS, nous attendons des actes pour faire respecter officiellement le nom « Centre hospitalier Jean Bouveri ». Des quatre municipalités, nous attendons une prise de position publique et sans ambiguïté pour la défense de ce nom et de l’histoire sociale qu’il porte. »

 

 






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