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lundi 19 janvier 2026 à 18:11

Politique – Sénat



 

Le débat sur la fin de vie appelle à la fois gravité, humilité et fidélité à ce que vivent réellement les personnes concernées. Je crois profondément qu’il ne peut se réduire à une opposition entre principes, ni à une lecture abstraite de situations qui sont, par nature, singulières et profondément humaines.

Personne ne conteste aujourd’hui l’impératif de développer pleinement les soins palliatifs. J’y suis personnellement attachée. Ils sont indispensables, et leur accès sur l’ensemble du territoire constitue une exigence de justice et de courage politique. Cette ambition doit être tenue, financée et évaluée. Elle est au cœur du texte actuellement en discussion.

Mais reconnaître la place centrale des soins palliatifs ne suffit pas à répondre à toutes les situations. Certains patients, malgré un accompagnement exemplaire, continuent de vivre des souffrances qu’ils jugent eux-mêmes insupportables. Les ignorer, ce serait faire comme si une réponse unique pouvait convenir à toutes les fins de vie.

La proposition de loi examinée ne crée ni une obligation, ni une injonction. Elle ouvre une possibilité strictement encadrée pour des situations exceptionnelles, après un cheminement médical collégial, dans le respect de la conscience des soignants comme de celle des patients. Il s’agit bien d’une loi de liberté et non d’un renoncement au soin ou à l’accompagnement.

Dire que demander l’aide à mourir ne serait jamais un choix libre revient à nier la capacité de discernement de personnes gravement malades, conscientes, informées et accompagnées. Faire confiance à leur parole, ce n’est pas abandonner. C’est reconnaître leur dignité jusqu’au bout.

Loin d’opposer l’éthique du soin à la compassion, ce texte cherche au contraire à les articuler. Il ne s’agit pas de donner la mort, mais de ne pas imposer une fin de vie vécue comme une épreuve dénuée de sens par ceux qui la traversent.

Le Sénat a un rôle essentiel à jouer. Il lui revient de veiller à ce que cette loi demeure fidèle à son intention première, protéger sans contraindre, encadrer sans interdire, accompagner sans imposer. C’est cet équilibre exigeant que je défendrai.

Je tiens enfin à remercier les très nombreuses personnes qui m’ont écrit ces dernières semaines. Leurs témoignages expriment une attente forte, celle d’un débat apaisé, respectueux des convictions de chacun, mais ancré dans la réalité vécue par les patients et leurs proches. C’est à cette réalité que, comme législatrice, je choisis de répondre.

Paulette Matray
Sénatrice de Saône-et-Loire

 

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