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jeudi 20 juin 2019 à 11:35

Nouvelle exposition Jacqueline Lerat au musée du Hiéron à Paray-le-Monial (Sortir)

Du 6 juillet au 3 novembre 2019 : Jacqueline Lerat (1920-2009) "Le toucher de la terre





Le musée du Hiéron poursuit sa riche programmation en vous proposant une nouvelle exposition consacrée à Jacqueline Lerat. L’exposition Jacqueline Lerat (1920-2009), Le toucher de la terre rend ici hommage à Jacqueline Bouvet, étudiante au début des années 40 à l’école de dessin de Mâcon, devenue l’une des plus grandes céramistes du 20e siècle.

 

Son style empreint de tradition et de modernité, puise aux sources de l’art roman et de l’abstraction…

 

Vernissage le samedi 6 juillet à 17h

 

En présence de la famille et d’Eric Moinet, conservateur général du patrimoine, co-commissaire de l’exposition

 

Introduction musicale “Clarinettes rendez-vous” à 16h45

 

sous la direction de Béatrice Berne

 

Jusqu’au 3 novembre 2019

 

En savoir plis….

 

 

“Le nom Lerat évoque immédiatement le couple d’artistes qui a marqué l’art de la céramique en ressuscitant le village de potiers de La Borne dans le Berry, dans le sillage du « renouveau de l’art sacré » dans les années 1950… Jacqueline et Jean Lerat ont travaillé ensemble depuis leur rencontre en 1943 à La Borne, mettant en commun leurs savoirs faire respectifs, celui de la sculpture et des arts populaires, chacun conservant son identité cachée derrière la signature commune JJLERAT.

 

Après le décès de Jean en 1992, Jacqueline Lerat poursuit une recherche menée en parallèle de ses lectures philosophiques et poétiques.

 

Le musée du Hiéron rend ici hommage à Jacqueline Bouvet, étudiante au début des années 40 à l’école de dessin de Mâcon, devenue l’une des plus grandes céramistes du 20e
siècle. Son style empreint de tradition et de modernité, puise aux sources de l’art roman et de l’abstraction…

 

« Je pense, voyez vous qu’il faut être très libre vis à vis de la tradition. Les pots se sont toujours faits, se font encore de la même façon assez souvent. D’une certaine façon, c’est bien, c’est très bien. Rien n’implique que l’on soit obligé de continuer dans ce même sens.

 

La tradition, c’est un point de départ. » Jacqueline Lerat”

Présentation de l’exposition

 

“Jacqueline Lerat (1920-2009), Voies du sacré

 

Jacqueline Lerat figure parmi les plus grands céramistes du 20e siècle. Elle est originaire de Bourgogne où elle a vécu de 1922 à 1943, mais sa carrière s’est déroulée en grande partie en Berry, dans le village potier de La Borne de 1943 à 1954, puis à Bourges à partir de cette date. De 1966 à 1988, elle a mené de front l’enseignement de la céramique à l’École nationale des Beaux-arts et la création. Après la mort de son mari en 1992, elle s’est entièrement consacrée à son œuvre, jusqu’à sa disparition en 2009, peu avant la cuisson de son 45e four. Elle a dédié sa vie à la création et à l’enseignement. Sa curiosité intellectuelle, sa culture, son humanisme ont nourri son travail. Elle est restée fidèle au grès, matériau qu’elle découvre à partir de 1943.

 

Le village potier de La Borne, la contemplation de la nature, sa soif de culture ont toujours nourri son inspiration et favorisé son accomplissement.

 

Dès ses débuts, sa recherche d’authenticité l’a conduite vers l’art populaire des anciens potiers de La Borne. Sa quête du spirituel, en partie liée au traumatisme de l’assassinat de son père par la milice en 1944, est probablement à l’origine de son intérêt pour l’art sacré jusqu’au milieu des années 60. Son attachement à la figuration durant cette période féconde s’est construit aux sources de l’imagerie médiévale romane et gothique et à une relecture moderne de l’art populaire telle que l’envisageait Georges-Henri Rivière. La commande très exceptionnelle de la nouvelle crèche de la Cathédrale Saint-Étienne de Bourges en 1954 souligne ces liens aux traditions, mais les figures montrent une simplification et une géométrisation des volumes qui annonce les recherches ultérieures. Il ne s’agit que d’une étape dans sa recherche d’absolu, son questionnement sur l’essence de toute chose, qui la conduit progressivement dans son œuvre, à une ascèse de la forme et du décor. À partir des années 60, elle abandonne le travail au tour pour se consacrer essentiellement au modelage et au montage à partir de boulettes de terre de ces formes. Elle ne s’exprime plus à partir des années 80 que dans l’abstraction de tout sujet. Elle va au cœur de la matière et de la forme, à la synthèse du volume, du mouvement et de l’équilibre. Ces recherches, qui témoignent d’une rare ouverture à la création contemporaine, animeront sa vie entière à partir des années 70 jusqu’à sa disparition en 2009. Ces carnets et ces dessins préparatoires qui anticipent chacune de ses créations témoignent de cette interrogation obstinée de la forme.

 

L’humanisme, la place de l’homme dans la nature restent au cœur de son questionnement et de son engagement. L’empreinte du sacré prend à partir des années 70 de nouvelles voies plus immatérielles, plus informelles, marquées par son approche philosophique de la vie, à sa relation au vieillissement du corps, à la mort, à la fin et au recommencement de toute chose. Cette évolution repose sur l’expérience très personnelle de la contemplation de la nature. Elle s’est également nourrie par 6 l’expérience de la maladie et témoigne de l’empreinte du vieillissement ou de la souffrance sur le corps. Une approche plus animiste du monde lui permet ainsi dans son œuvre de s’abstraire de tout sujet. Ces sculptures vont à la recherche d’équilibre, construites de pleins et de creux, en plans aux surfaces d’ocres retravaillés, scarifiés comme la surface pariétale d’une grotte ornée par l’homme de la préhistoire. Cette démarche de plasticienne fait figure de modèle pour toute une génération d’artistes et inscrit son œuvre dans un absolu, parmi les plus grandes figures de la création céramique au 20e siècle.”

 

Eric Moinet

 

conservateur général du patrimoine commissaire de l’exposition

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 



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