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mardi 2 juin 2026 à 20:35

Faits Divers : Saint-Vallier



 

 

 

 

En gros : il avait peur de rater le début du match de la ligue des champions du 30 mai parce que sa compagne et mère de ses deux jeunes enfants, travaillait jusqu’à 20 heures. L’homme, ce soir-là, a massacré sa femme. Elle est venue au tribunal ce jeudi 1er juin.

Elle est venue à 14 heures, puisque les comparutions immédiates démarrent à 14 heures. Mais ce dossier a été pris en dernier, à 21 heures. Tout l’après-midi, son visage blessé, enflé, coloré, a suscité la compassion des gens, nombreux ce jeudi, qui étaient dans le public.
On l’entendait parfois prendre des sortes de quintes de toux qui la contraignaient à sortir de la salle, mais ce n’était pas de la toux. Son désormais ex-compagnon lui a cassé le nez, lui a fracturé le plancher de l’orbite de l’œil droit avec des conséquences majeures (atteinte ophtalmologique et suspicion d’incarcération musculaire – on espère qu’elle sera bien soignée, ce sont des blessures graves et délicates à traiter*, on l’espère parce que de la voir ainsi, bon sang ça vous retourne).
Du coup, elle ne tousse pas : elle s’étouffe dans ses sécrétions et son sang, faute de pouvoir se moucher.

Les enfants ont tout vu, tout entendu, de cette férocité déchaînée

L’ITT est de 21 jours. Autant dire que dans ce dossier-ci, les marques parlent d’elles-mêmes. « Ce dossier »… c’est plus qu’un dossier bien sûr, c’est une tragédie. Une telle violence est insoutenable. Vive le foot, hein et bonjour les pulsions que les victoires comme certaines défaites peuvent réveiller. Tout s’est déroulé sous les yeux des enfants, l’un grand nourrisson, l’autre, bébé. Ils ont vu, ils ont entendu.
Après avoir contesté un tas de trucs, l’homme, né à Saint-Vallier en 2003, reconnaît à l’audience être l’auteur de cette barbarie. Toutefois il dit que c’est pas à cause du match de foot, il dit que c’est parce que le couple a des problèmes. Ben, quel que soit le prétexte invoqué, ce qu’il a fait est terrifiant, ce qu’il est capable de faire, est terrifiant.

La femme est encore choquée et se sent mal

Pourtant il parvient à dire qu’il a « des valeurs ». Quand on voit l’état de la femme, on n’a même pas envie de s’attarder là-dessus. Du reste maître Marceau qui intervient pour la victime laquelle se constitue partie civile pour elle-même mais aussi en qualité de mère pour ses deux petits, ne manque pas de le contredire : l’homme qui se tient dans le box ne saurait avoir la moindre valeur pour mettre une femme dans cet état-là.
L’avocat demande une expertise médicale et donc un renvoi sur intérêt civil, il demande aussi des dommages et intérêts pour les enfants. A titre symbolique, c’est reconnaître qu’eux aussi sont victimes d’avoir dû assister à la démolition de leur mère.
La femme est encore choquée et se sent mal.
La procureur requiert 2 ans de prison ferme et le retrait de l’autorité parentale. L’homme est en état de récidive légale, déjà condamné pour des faits de violence.

« Manque de repères », « pas de structure »

Maître Massard, pour la défense du prévenu, souligne l’importance de l’aveu du prévenu à l’audience dont la tante est présente à l’audience. L’avocate plaide « le manque de repères » dans l’enfance et la jeunesse du prévenu, « pas de structure ». Elle dit qu’il a pris conscience de la férocité (ce n’est pas le terme de l’avocate, c’est le nôtre, ndla) de son comportement, et qu’en conséquence il pourra évoluer.
C’est vrai, il pourra, s’il s’en donne la peine, parce que c’est pas une petite paire de manches, comme travail.

1 an de prison ferme puis deux ans sous main de justice (12 mois en sursis au cas où)

Le tribunal dit l’homme coupable, le condamne à la peine de 24 mois de prison dont 12 mois sont assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans : interdiction de tout contact avec la victime, interdiction de paraître à son domicile, obligation de suivre des soins en addictologie (cannabis) et psychologiques, obligation d’indemniser les victimes (les enfants sont inclus), obligation de travailler (il ne travaillait pas).
Le tribunal ordonne le retrait de l’exercice de l’autorité parentale et le maintien en détention pour les 12 mois ferme.

Sur l’action civile, l’homme est dit entièrement responsable des préjudices causés. Il devra indemniser chacun de ses enfants. Pour la femme, l’audience sur intérêt civil se tiendra en fin d’année, un médecin légiste procèdera à expertise et de toute façon elle a besoin de soins avant qu’elle sache si elle gardera des séquelles de ses blessures.

C’est ainsi que le 30 mai, alors qu’une équipe de sportifs fêtait à Paris son sacre, à Saint-Vallier, un homme, père de deux petits, s’est livré sur sa femme, à un massacre.

FSA

*https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0181551208706016

 

 

 






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