Paray-le-Monial : Paray Tribute Festival

Samedi soir, des milliers de personnes ont afflué vers l’hippodrome de Paray‑le‑Monial, pour assister à la 4ᵉ édition du Paray Tribute Festival. Porté par Ouaffa Vasse à travers l’association N’Joy Music, créée en juillet 2023 et déjà solidement ancrée dans le paysage culturel local, l’événement confirme son ascension fulgurante.
Après le succès éclatant de la troisième édition en juin dernier, le festival parodien poursuit sa mission : offrir au public l’énergie des plus grands groupes d’anthologie grâce à des tributes européens d’exception, capables de faire revivre, le temps d’une soirée, les tubes qui ont marqué des générations.
Léo Vita, l’enfant du Pays
En première partie, le public a eu le privilège d’accueillir Léo Vita, candidat de la nouvelle saison de The Voice. Avec une sincérité désarmante, l’artiste a confié à la foule comment il s’était retrouvé inscrit à l’émission malgré la maladie, un cancer aujourd’hui en rémission.
Son témoignage, bouleversant de courage, a suscité une vive émotion et déclenché une salve d’applaudissements nourris. Porté par une voix qui a immédiatement séduit, Léo Vita a enchaîné des titres qui ont ravi le public. Fidèle à sa simplicité, il s’est ensuite promené parmi les spectateurs, naturellement, comme on retrouve des amis.
Un moment d’autant plus fort qu’il est enfant du pays, originaire de Digoin, ce qui a renforcé la proximité et l’attachement du public.
Soutien à l’association « Le chemin d’Axel »
Cette édition du festival portait une dimension toute particulière : elle soutenait l’association « Le Chemin d’Axel », fondée en 2014 par les parents d’Axel Nicaise après que leur fils, victime d’une méningite à streptocoque B à la naissance, a été plongé dans un polyhandicap lourd.
Aujourd’hui âgé de 17 ans, Axel est devenu le symbole d’un combat mené avec courage et dignité. Un combat que l’association transforme en énergie positive en œuvrant pour l’inclusion par le sport et en mutualisant du matériel spécialisé pour d’autres familles confrontées au handicap.
Le moment le plus bouleversant de la soirée est survenu lorsque le jeune homme est apparu sur scène, debout, soutenu par son père. L’hippodrome s’est alors figé dans un silence vibrant, suspendu à cette image d’une force rare.
Le père d’Axel a pris la parole avec une émotion contenue, remerciant les organisateurs pour leur soutien et appelant le public à rejoindre leur cause.
« L’union fait la force », a‑t‑il lancé, comme une évidence et un appel du cœur. Une minute plus tôt, c’était un festival, mais à cet instant précis, c’est toute une communauté qui s’est sentie unie autour d’une même humanité
Eltonology, hommage flamboyant à Sir Elton John
Lorsque Léo Vita a quitté la scène sous les applaudissements, l’hippodrome a basculé dans un tout autre univers avec Eltonology, hommage flamboyant à Sir Elton John. Dès les premières notes, Thomas Février a recréé l’extravagance du légendaire chanteur : un piano imposant, une mise en scène éclatante et une succession de tubes qui ont traversé les décennies.
Il faut dire que rendre justice à une carrière de plus de cinquante ans, 300 millions de disques vendus et plus de 4 000 concerts n’est pas une mince affaire. Pourtant, Eltonology y parvient avec une fidélité remarquable.
Un moment particulièrement poignant a saisi le public lorsque Thomas a dédié un titre à Olga, sa compagne et partenaire de scène disparue en 2018. Une parenthèse intime, suspendue, qui a ajouté une profondeur inattendue à ce festival déjà riche en émotions. Puis, fidèle à son sens du spectacle, l’artiste a enchaîné avec ses célèbres acrobaties au piano, allant jusqu’à jouer quelques notes avec la partie la plus charnue de son anatomie, déclenchant rires et admiration.
Pendant une heure et demie, Eltonology a offert un show total : virtuose, drôle, généreux, et d’une intensité qui a tenu le public en haleine du début à la fin.
Abba a enflammé l’hippodrome
Et puis vint le moment tant attendu : l’arrivée sur scène du quatuor incarnant Abba. Sarah dans la peau d’Agnetha, Marc en Benny, Vicky en Anni‑Frid et Antoine en Björn, ont fait exploser l’enthousiasme du public dès leurs premiers pas sous les projecteurs.
Si la ressemblance avec les légendes suédoises varie d’un interprète à l’autre, l’essentiel était ailleurs : dans l’énergie folle, la générosité et la précision d’un show taillé pour faire danser tout un hippodrome.
Pendant près de deux heures, les tubes se sont enchaînés comme un feu d’artifice : Mamma Mia, Fernando, Chiquitita, Money, Money, Money, Arrival, Waterloo… Chaque intro déclenchait une vague de cris, chaque refrain devenait un chœur géant porté par des milliers de voix. La scène bondissait, le public vibrait, et les applaudissements nourris témoignaient d’un plaisir simple et contagieux : celui de retrouver, le temps d’une soirée, la magie intacte d’Abba.
Gab Groovebox irrésistible
Et pour achever cette nuit déjà électrique, Gab Groovebox a pris possession de l’hippodrome avec The Final Party, un set pensé comme une déferlante. Quand les hommages se sont tus, ses platines ont allumé un tout autre feu : un mélange irrésistible de funk, de house et de tubes remixés qui a transformé le site en un dancefloor géant sous les étoiles.
Chaque transition tombait juste, chaque montée faisait vibrer la foule un peu plus. Gab Groovebox n’était pas là pour accompagner la fin de soirée, mais pour la propulser : il voulait que personne ne quitte le festival sans avoir dansé, transpiré, ri, vécu pleinement ce dernier souffle de fête. Mission accomplie : l’hippodrome a bougé jusqu’à la dernière note, comme si la nuit refusait de se terminer.
Cerise sur le gâteau
Comme si la fête ne suffisait pas à elle seule, le ciel parodien s’est invité au spectacle. Au‑dessus de l’hippodrome, un feu d’artifice court, mais éclatant a déployé ses gerbes lumineuses, offrant aux spectateurs une petite parenthèse entre deux morceaux.
Et tandis que les couleurs retombaient en pluie scintillante, une montgolfière a survolé le site, glissant lentement dans la nuit comme un clin d’œil suspendu au‑dessus de la foule. Ce tableau inattendu, mêlant musique, lumière et poésie aérienne, a ajouté une touche de magie supplémentaire à une soirée déjà exceptionnelle.
Merci aux jeunes acrobates
On ne peut pas parler de cette soirée sans saluer la performance… inattendue mais absolument spectaculaire… du club des acrobates improvisés, alias les enfants massés devant la scène. Du premier riff au dernier rappel, ils ont enchaîné roues, roulades, équilibres approximatifs et chorégraphies freestyle, comme si le sol de l’hippodrome était devenu leur salle de gym personnelle.
Rien ne semblait pouvoir les arrêter : ni la durée du concert, ni la chaleur, ni la gravité terrestre. À ce rythme‑là, même les artistes sur scène ont dû se demander s’ils n’étaient pas en train de partager l’affiche avec une troupe de mini‑gymnastes en tournée mondiale.
Une chose est sûre : ils ont dû dormir comme des pierres, après avoir transformé l’avant‑scène en piste olympique pendant des heures. Les parents, eux, ont probablement remercié intérieurement le festival pour cette séance de cardio gratuite.
Bravo aux organisateurs et bénévoles
Impossible de refermer cette édition sans saluer le travail colossal accompli par les organisateurs et l’ensemble des bénévoles. Leur engagement, leur disponibilité et leur passion ont permis de transformer ce festival en un moment suspendu, où tout, de la technique à l’accueil, de la sécurité à la magie du spectacle, a fonctionné avec une fluidité exemplaire.
Grâce à eux, Paray‑le‑Monial a vécu une soirée où la musique, l’émotion et la solidarité se sont unies pour offrir au public un souvenir inoubliable.
Nelly Desplanches



































































