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lundi 19 avril 2021 à 19:53

Gilles Platret en campagne contre le loup !

A Saint Romain-sous-Gourdon, il réaffirme son soutien aux éleveurs touchés par les attaques de loup



 



 

 

Ce lundi, Gilles Platret était en campagne pour les élections régionales. Et il avait investi la Saône-et-Loire en compagnie de Jean-Marie Sermier, Député du Jura. Après avoir débuté sa journée à Prissé par une table ronde sur le sujet de la viticulture, Gilles Platret a visité un élevage de vaches charolaises et volailles à Saint Bonnet de Joux en milieu de matinée.

Et c’est à midi qu’il a fait escale à Saint Romain-sous-Gourdon, dans la GAEC d’Azu. Romain Lhost est l’un des deux éleveurs du GAEC, GAEC qui a 80 brebis et 110 vaches. Installé depuis 10 ans le cadre familial, le jeune agriculteur a subi des attaques de loup l’an dernier, le 8 juillet, le 2 août et le 4 septembre. A cause de ces attaques, il a perdu 6 bêtes.

Un voisin éleveur de brebis (une quinzaine) était aussi présent. Il a lui aussi subi deux attaques. Pour lui, les pertes se sont élevées à 2 bêtes.

 

Pour la visite de l’exploitation et les échanges autour du sujet du loup, plusieurs élus du territoire étaient aussi présents : Josiane Corneloup, Députée de Saône-et-Loire, Fabien Genet, Sénateur de Saône-et-Loire, Gérald Gordat, Président du Grand-Charolais, Conseiller régional, Conseiller municipal de Charolles et Michel Chavot, Maire de Saint-Romain-sous-Gourdon.

 

Un département mobilisé en faveur des agriculteurs

 

Et dès le début des échanges, les éleveurs remercient Josiane Corneloup de sa présence et de son travail pour défendre les éleveurs contre le loup. Josiane Corneloup regrette que la région ne se soit d’ailleurs par impliquée sur ce sujet. C’est donc le département qui s’est mobilisé aux côtés des éleveurs.

 

Et rapidement Gilles Platret fait état de son opinion sur le sujet : « On ne veut pas que l’affaire des loups passe par pertes et profits. J’ai écrit un livre sur le loup. Si on l’a éradiqué, ce n’est pas sans raison. C’est un animal qui pullule si on ne fait rien. C’est un animal colonisateur qui fait la guerre à son environnement. ». Le maire de Chalon-sur-Saône souhaite ardemment que le loup passe d’une espèce strictement protégée à une espèce qu’on puisse réguler. »

 

Romain Lhost du GAEC d’Azu déplorait qu’il y ait un délai de 3 mois entre les attaques et le moment de la riposte. Et son associé de s’interroger sur la manière de protéger le cheptel sur 90 hectares.

 

Gilles Platret pour la régulation de la population des loups

 

Et on peut dire que le message de Gilles Platret, candidat aux élections régionales de juin prochain, n’y va pas par quatre chemins : il est pour la régulation de la population des loups.

Et d’affirmer : « On est quasi sûr qu’il a été réintroduit illégalement. Puis il est revenu par les Alpes en 1992. Il est très probable qu’il ait été réintroduit clandestinement. »

 

Gilles Platret pense qu’il faut savoir à quel espèce appartiennent les loups prélevés pour mieux comprendre comment ils sont arrivés là. Si les éleveurs sont d’accord sur le fond, ils indiquent n’avoir aucun intérêt réel à savoir s’il s’agit d’un vrai loup ou non. Car une attaque réalisée par un vrai loup est indemnisé… pas l’autre.

 

Gilles Platret qui semble donc avoir bien étudié le sujet et ainsi connaître l’animal le décrit comme un animal intelligent qui aura été éradiqué in fine par l’utilisation de poisons dans des proies tuées.

 

Puis revenant au sujet de la journée, Gilles Platret rappelle l’importance de l’agriculture dans la Bourgogne Franche-Comté : « ce sont les éleveurs qui participent à l’identité du territoire. Il faut donc que la Région s’engage. La Présidente Marie-Guite Dufay souhaite un comité d’étude sur la coexistence entre les espèces d’élevage et le loup. Le département a équipé les lieutenants de louveterie pour la chasse au loup. Et l’État est schizophrène, pris entre le maintien et la sauvegarde du loup et les aides à apporter aux éleveurs. »

 

Romain Lhost raconte comment le stress les habite à présent, son associé et lui : « on s’est usé la santé à surveiller nos troupeaux à la lampe électrique avant d’avoir le matériel adéquat ».

Un autre éleveur raconte qu’il faut avoir un cheptel de 25 bêtes minimum afin de pouvoir être indemnisé par l’État. Et les agriculteurs se plaignent de ne pas être indemnisés à 100% (80% environ). Les protections mises en place (des filets) ne protègent pas à 100% selon ces mêmes éleveurs.

 

« On est loin de ce que disent les écologistes » Gilles Platret

 

Pour Gilles Platret, l’animal est gourmand. « Il tue bien au-delà de ce dont il a besoin. On est loin de ce que disent les écologistes. » a-t-il déclaré.

 

Et les éleveurs ne veulent pas rentrer leurs animaux tout le temps.

 

« Le loup n’est pas un gentil animal. Ce n’est pas un ours en peluche. On ne peut pas laisser faire les gens qui nous apprennent la vie. C’est une minorité qui veut nous imposer le loup. Il faut arrêter d’être naïf. Si on veut qu’il reste des éleveurs, il faut faire quelque chose. » a indiqué Gilles Platret.

 

Les échanges se sont poursuivis en visitant l’exploitation. Il a été question du maintien des agriculteurs dans la région, des agriculteurs dont la moyenne d’âge à Saint Romain-sous-Gourdon est supérieure à 50 ans pour une dizaine d’éleveurs. Certains ailleurs se découragent et arrêtent l’activité avant la retraite.

 

Et pourtant le loup reste bien le cœur du sujet de cette fin de matinée. Il est dans les têtes de chacun. L’éleveur montre aux élus des photos de ses bêtes mutilées et tuées par l’animal.

Cela fait bondir Gilles Platret qui ajoute : « Et on nous parle de bien-être animal après… De toute façon, c’est un combat politique. Il est noble. »

 

Le souci du détail conduit aussi Romain Lhost à aborder le tableau d’indemnisation des éleveurs touchés par les attaques : celui-ci a été mis en place pour des brebis d’alpage et pas pour les élevages de notre territoire.

 

Enfin les éleveurs présents comme les élus ont le sentiment que les effectifs des loups sont sous-estimés.

 

Arrêter avec un « délire idéologique »

 

Gilles Platret s’inquiète d’ailleurs des effectifs et aussi de la présence de la rage sur le territoire français. « Un loup sain n’attaquera pas l’humain. Mais un loup enragé déchiquette tout ce qu’il voit. » indique-t-il, avant d’ajouter : « il faut en finir avec ce délire idéologique ».

 

Et de conclure sur le sujet : « Si demain on est aux affaires, on fera remonter tout cela. Entre le loup et l’agneau, il faut choisir. On a choisi. »

 

L’éleveur a bien entendu le maire de Chalon-sur-Saône auquel il envoie lui-aussi un message clair : « Revenez quand vous serez élu. André Accary nous avait de rentrer nos bêtes, de leur donner du fourrage et que le département serait présent. Moi je n’ai vu personne. ».

 

La visite qui s’est déroulée de manière très cordiale s’est achevée devant les prix remportés par l’exploitation pour l’élevage bovin et ovin. Les deux éleveurs poursuivent en effet les concours particulièrement avec les ovins. Et comme le sujet de l’agriculture était loin d’être clos, c’est jusqu’à la dernière minute que le candidat aux élections régionales a écouté notamment sur le sujet des abattoirs mobiles.

 

Ce lundi après-midi, Gilles Platret a poursuivi sa journée par la visite d’une exploitation céréalière avant d’achever avec des volailles de Bresse.

 

EM