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vendredi 8 mai 2020 à 18:14

Un classement en rouge de la Bourgogne-Franche-Comté qui pourrait évoluer très rapidement

Une situation dans les hôpitaux qui s’améliore de jour en jour



Un classement en rouge de la Bourgogne-Franche-Comté qui pourrait évoluer très rapidement

 



Ce vendredi matin et au lendemain de la conférence de presse du Premier Ministre Edouard Philippe et de ses ministres de la santé et de l’éducation nationale, Bernard SCHMELTZ, Préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et Préfet de la Côte-d’Or a tenu une audioconférence de presse en présence de Pierre PRIBILE, Directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté, Jean-François CHANET, Recteur académique de la région Bourgogne-Franche-Comté, Recteur de l’Académie de Besançon et Nathalie ALBERT-MORETTI, Rectrice de l’Académie de Dijon.

Pierre Pribile est d’abord revenu sur l’origine du classement de la région en rouge. En effet c’est d’après lui la situation dans les hôpitaux du territoire qui a fait le plus basculé la balance en direction du rouge.

Il reste encore 112 patients en réanimation avec une décrue qui se poursuit, a-t-il indiqué et 1049 personnes hospitalisées sur le territoire. Il a noté aussi une accélération de la baisse ces derniers jours.

« On reste plus haut car on vient de plus haut » P. Pribile

Pour autant le directeur de l’ARS considère que cela va mieux, puisqu’il a rappelé que le niveau de personnes de réanimation était monté à 300 personnes pour le Covid-19.

Il explique aussi ce niveau encore élevé du fait d’un niveau élevé de l’épidémie dans la région il y a quelques semaines : « On reste plus haut car on vient de plus haut ».

Ce sont effectivement 906 décès qui sont à compter dans les hôpitaux des suites du Covid-19 et 631 dans les établissements médico-sociaux, soit plus de 1500 décès.

Actuellement, les services de l’ARS constatent une vraie baisse du nombre de décès et de malades et plus de 2700 sorties d’hospitalisation.

Les grands enjeux dès le 11 mai

Évidemment l’un des premiers enjeux est d’éviter à tout prix la reprise de l’épidémie.

Et « cela dépend de chacun d’entre nous. C’est une réalité. Cela demande du civisme. Nos concitoyens en ont fait preuve ces derniers mois. Il va falloir poursuivre. » a indiqué Pierre Pribile.

Il a rappelé les trois priorités qui doivent rester celles de tous :

– les bons réflexes via le respect des gestes barrières (lavage des mains, distanciation au moins d’un mètre etc.)

– privilégier le télétravail autant que possible,

– surveiller ses symptômes (toux, fièvre, perte de goût/odorat) : appeler le médecin ou le 15 pour être orienté le cas échéant.

Les enjeux sont à présent de détecter les personnes qui ont des symptômes et leurs contacts.

Les tests vont donc se multiplier auprès des personnes atteintes ou soupçonnées de l’être et de leurs contacts. La règle est que lorsqu’une personne est testée positive, elle devra rester à son domicile en priorité. Si cela pose problème de rester à son domicile, un logement alternatif pourra être proposé.

La sortie de la zone rouge pourrait être rapide

Selon P. Pribile, la sortie du classement en zone rouge pourrait être rapide à condition que les choses ne s’inversent pas. La baisse importante des hospitalisations s’explique par le fait que le plus grand nombre de patients admis en réanimation l’ont été il y a quelques jours voire semaines. Les personnes atteintes du Covid-19 et qui se retrouvent hospitalisées ont généralement des durées de séjours très importantes.

Les tests constituent un autre élément dans la capacité à contenir un rebond de l’épidémie selon l’ARS. S’il n’existe clairement pas d’objectifs de dépistages par semaine, la région est prête à prendre en charge un nombre de tests supérieur à ce qui a été demandé par le ministère. Ce dernier avait fixé la barre à un niveau compris entre 3700 et 4700 tests par jour.

Il n’existe pas d’objectifs de réalisation de tests simplement car les services ne savent comment l’épidémie évoluera : « pour tester quelqu’un, il faut que la personne ait repéré ses symptômes. J’ai en confiance dans les médecins pour nous renvoyer des personnes à dépister. Cela peut marcher si les patients surveillent leurs symptômes. » a précisé le directeur de l’ARS.

Les hôpitaux prêts à un retournement de situation

Comme l’a aussi confirmé Pierre Pribile, le scénario d’une reprise de l’épidémie a été envisagé : « Les hôpitaux avaient déprogrammé des activités pour réaliser une bonne prise en charge des patients atteints du Covid-19. Aujourd’hui ils sont en reprise de leurs activités. »

Avant d’ajouter que le Groupement hospitalier de territoire de Saône-Et-Loire Bresse Morvan s’est concerté avec les hôpitaux privés de Chalon-sur-Saône, du Creusot et d’Autun sur un plan de reprise coordonnée. Ce plan est conditionné par sa réversabilité.

« On va être vigilant sur les capacités à avoir une marche d’avance » a expliqué P. Pribile.

Le baromètre va évoluer en fonction des tests qui seront étudiés et analysés de près.

Pour autant, le directeur de l’ARS se veut positif en rappelant que sur 100 tests effectués à l’heure actuelle, seuls 4 sont positifs. Il juge d’ailleurs que ces indicateurs sont plus réactifs que l’observation du nombre d’hospitalisations.

Le milieu hospitalier maintient ses mesures et ses plans, même si le directeur de l’ARS rappelle encore une fois que les cas dans les hôpitaux sont les plus graves. Une nouvelle surveillance est en train d’être déployée au niveau des médecins de ville.

En attente sur les tests de sérologie

Au cours de l’audioconférence de ce vendredi, l’ARS a aussi précisé sa position sur la question des tests de sérologie. Ils sont en attente. Pour l’instant la haute autorité de la santé a publié des indications sur les tests de sérologie. P.Pribile explique attendre de connaître la fiabilité de ces test pour en faire profiter la population.

Interrogé aussi sur la constitution de la brigade Covid dans la région, il en a plutôt expliqué le déploiement davantage que de donner des chiffres.

« Tout cela part du signalement du citoyen lui-même. Cela implique bien sûr le système de santé lui-même. » a expliqué le directeur de l’ARS.

Avant de développer les trois niveaux de cette brigade :

– les médecins de ville et tous les médecins susceptibles de détecter les symptômes, de les caractériser. Si le test est positif, il faudra prendre en charge tout le foyer. Il est recommandé d’avoir une période d’isolement au domicile.

– les équipes des caisses d’assurance maladie. Celles-ci sont chargées d’identifier les personnes contacts des personnes infectées. Ces personnes feront l’objet de tests et d’isolement.

– enfin l’action de Public-France. Seront saisis les données dès que les cas seront trouvés dans une collectivité (un lieu collectif, école, prison etc.). Cela nécessitera l’envoi de brigades Covid pour dépister les personnes. Public-France joue un rôle de vigie en analysant le regroupement des cas suggérant le cas échéant la localisation de clusters.

Enfin le directeur de l’ARS a suggéré une dernière forme de brigade : celles apportant un soutien social. « C’est un travail d’équipe colossal. Tous les concitoyens sont partie prenante » a souligné Pierre Pribile avant de rappeler l’importance de consulter sans attendre et de respecter les prescriptions.

L’évolution de l’épidémie du Covid-19 va donc continuer d’être scrutée à la loupe quotidiennement avec de nouveaux outils de mesures se déployant maintenant au-delà des services hospitaliers et de santé et ce dès le 11 mai.

EM



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