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mardi 13 août 2019 à 10:01

Releveur de compteurs

Le serpent dans le compteur, ça refroidit les moins peureux !



 



 

Être releveur de compteurs est rarement un métier qui fait fantasmer. Personnellement, je n’ai jamais entendu un enfant répondre qu’il voulait exercer ce métier plus tard, « quand il sera grand ». Mais attention ! Cela ne veut pas dire que ceux et celles qui l’ont choisi ne sont pas honorables ! Bien au contraire !

En effet, après avoir entendu plusieurs d’entre eux, il s’avère que le métier n’est pas désagréable, qu’il génère une assez grande liberté, qu’il va bien aux personnes qui aiment bosser tranquillement dans leur coin, dans la voiture de fonction, en gérant le travail au mieux.

Mais quand même ! Releveur de compteur, ce n’est pas un travail de tout repos ! On y fait parfois des rencontres étonnantes, enrichissantes, d’autres moins…

« On rencontre aussi quelques pervers, des coquines, des déséquilibrés, des généreux etc… » remarque un des releveurs.

Petit florilège recueilli auprès de deux jeunes femmes (Agatha* et Valentine*) et un jeune homme (Fabrice*) tous releveurs de compteurs sur la région et au-delà.

N’importe quoi !

Un matin, Agatha commence sa tournée chez une dame âgée, très gentille qui, en la voyant arriver pour relever son compteur lui dit : « Vous êtes très jolie Mademoiselle ! ». Agatha s’apprêtait à la remercier pour ce compliment, lorsque le fils de la maison, en levant les yeux au ciel réplique : « Pfff ! l’écoutez pas, elle raconte n’importe quoi ! ».

Ambiance

Valentine avait pour mission, sur sa liste, de relever deux compteurs : un dans la maison d’habitation de la dame et l’autre dans la petite maison qu’elle louait un peu plus bas.

« Je ne sais pas si on va aller relever le compteur en bas. Avant, on y allait quand le locataire était au travail et il n’y avait pas de soucis. Mais là… ».

Et devant l’air interrogateur de la releveuse, elle ajouta : « Vous savez, je ne veux pas descendre dans cette maison. Pourquoi ? Parce mon locataire s’est pendu dans le garage ! ».

« Désolée, mais je dois quand même relever le compteur » répondit Valentine.  Et ce qui fut dit fut fait ! Sauf que le compteur était au garage et la corde était toujours en place au plafond…

En forme

Relevé de compteur chez un petit papy pour Agatha, qui arrive chez lui en début d’après-midi. Et c’est pétrifiée qu’elle l’entend lui dire d’un air libidineux : « Vous auriez dû venir ce matin vers 8h 30, à l’heure où je suis en forme … ».

Le prix du silence

Fabrice devait relever un compteur dans une maison, et il fallait passer par la salle à manger pour se rendre au sous-sol. La dame ne voulait pas qu’il entre dans celle-ci.

Très gênée, elle s’est crue obligée de se justifier en disant : « J’étais en train de faire des photos de charme mais je compte sur vous pour ne pas le répéter ! ». En lui tendant un billet de 5 euros pour qu’il reste discret. Pas cher payé !

Des vifs plus très vifs

Pas très loin de chez nous, une petite grand-mère s’occupait un peu de tout le monde autour d’elle. A Valentine qui arrivait pour faire son travail, elle explique : mon voisin n’est pas là, mais je vais vous accompagner à la cave, où se trouve le compteur. Mais ne faites pas attention, cela ne sent pas très bon.

« Pouahhh ! Effectivement ! L’homme était un pêcheur. Il y avait un grand aquarium avec des poissons morts dedans… » s’étrangle Valentine.

Et la voisine de lui expliquer que c’est là qu’il met ses « vifs ». Et la jeune femme de lui répondre : Hé ben, ses vifs ne le sont plus beaucoup, tels que je les vois à l’instant ».

Entrez !

C’est une toute petite maison à la sortie de la commune. Agatha toque à la porte et entend une personne âgée lui crier d’entrer. Mais la jeune femme avait beau forcer sur la poignée, la porte ne s’ouvrait pas !

A force de pousser, Agatha est tout de même arrivée à ouvrir et ce qu’elle a découvert lui a arraché un cri d’effroi. La personne vivait dans un champ d’ordures…

Où y’a de la gêne, y’a pas de plaisir…

Fabrice explique, dégoûté : « Très souvent, lorsque je relève les compteurs dans les immeubles, je me suis rendu compte que les gens venaient faire leurs besoins dans les gaines électriques et dans celles du gaz… ». Intelligent !

Les abrutis

Les trois releveurs de compteurs ont fait le même constat : « Certains brûlent les cadrans des compteurs de gaz avec un briquet, pour qu’on ne puisse pas relever le compteur. Ils ne se rendent pas compte du danger de la flamme du briquet sur un compteur de gaz ! A leurs risques et périls…

Les abrutis 2

« D’autres coincent des lames de couteau, pour bloquer la roue du compteur. Et ils sont persuadés que nous n’allons y voir que du feu ! » s’indigne Agatha.

 

 

Le p’tit chignon

Un jour d’automne, Valentine s’était fait un chignon pour aller travailler, car il pleuvait et elle ne voulait pas laisser ses cheveux détachés s’emmêler. Un homme lui dit : « Vous avez un joli p’tit chignon… ». « Vu où son regard portait, je n’étais pas sûre qu’il parlait vraiment de mes cheveux » rigole-t-elle.

Vilaine !

C’est le titre d’un film avec Marilou Berry. Mais pas que… La même jolie Valentine a des piercings au nez et à la lèvre. Un homme, dont le compteur devait être relevé lui dit : « Vous croyez avoir besoin de cela pour être jolie, et bien vous êtes vilaine ! ». Prends cela dans la tête…

Costume d’Adam

Au tout début de sa carrière de releveur, Agatha arrive dans une maison, gare la voiture et voit dans le jardin un homme en costume d’Adam. Ou nu comme un ver, si vous préférez.

Délicate, Agatha attend un peu, pour lui laisser le temps d’aller se rhabiller. Il ne l’a pas fait. Elle s’approche donc et lui dit qu’elle doit relever son compteur. Il dit « Attendez, je vais m’habiller et je reviens ».

L’homme est revenu un instant plus tard, vêtu d’un slip, type Christian Clavier dans les bronzés. « Autant dire toujours nu. J’ai donc relevé son compteur, très gênée et comble du comble, le monsieur m’annonce qu’il a la clé de chez son voisin pour que je relève également le compteur. Ni une, ni deux, il traverse la route avec son bout de slip réduit à la portion congrue, pas gêné pour un sou ! ».

Ça vaut pas l’coup !

Toujours Agatha : « Un papy me reçoit un matin de bonne heure, vêtu d’un grand tee-shirt et je me rends compte qu’il n’a pas de sous-vêtements. Je lui demande d’aller s’habiller, et il me répond que cela ne vaut pas le coup, car je n’en ai pas pour longtemps à relever le compteur…

Aux urgences

Moment douloureux pour Valentine. « Chez une dame, je sonne et lorsqu’elle m’ouvre, son berger allemand, âgé d’un an, lui passe entre les jambes et me saute dessus. Il m’a mordue au poignet, je lui ai mis un coup d’appareil à relever les compteurs, il m’a à nouveau mordue à la poitrine. Au final, Valentine s’est retrouvée aux urgences.

Comme quoi, il n’y a pas que les facteurs qui se font mordre par les chiens !

Le joli nid

En pleine campagne et en pleine canicule, Agatha ouvre un coffret de gaz et fait un bond en arrière : il y avait un nid de guêpes dedans. « Quand j’ai ouvert la porte, le nid s’est cassé et je me suis retrouvée avec de nombreuses piqûres de guêpes sur le nez. Pas vraiment joli à voir » se désole-t-elle.

Frayeur

Fabrice raconte qu’il a eu la peur de sa vie lorsqu’il a ouvert un éclairage public. « Dedans, il y avait une grosse mue de serpent ! ». Le pauvre en frissonne encore…

Baie vitrée

On ne s’attend pas toujours à voir débouler le releveur de compteurs chez soi. Quoi que, généralement, les habitants sont prévenus de son passage.

Et comme le raconte Fabrice, ce couple avait certainement zappé l’info.  Ou pas… « Derrière la baie vitrée de la maison, se trouvait un couple en pleins ébats. L’homme m’a fait entrer sans gêne aucune.

Une fois à l’intérieur de la pièce, je vois défiler sur l’écran un film porno. Inutile de dire que j’ai relevé le compteur sans demander mon reste ».

Haleine de chacal

« Certains clients sont très tactiles, ils te mettent la main sur l’épaule, en te soufflant une haleine de chacal en plein visage. Plus je recule, plus ils se rapprochent » se remémore Agatha en faisant une grimace significative.

Brouillard

« Chez certains, la vitre du compteur est tellement sale et grasse qu’on est obligés de la nettoyer pour y voir les chiffres » disent-ils en chœur.

Patates pas chères

C’est Fabrice qui se marre en se souvenant de cet agriculteur chez qui il arrive pour relever le compteur. L’homme était dans sa grange et il me propose soudain de me vendre des pommes de terre à tant le kilo. Ayant accepté son offre, j’y retourne les chercher le lendemain et il me dit : « Vous n’allez pas partir comme ça, je vais vous payer la gniole et la brioche ». Plutôt sympa, non ?

Cot cot cot !!!

Valentine arrive dans une ferme où il y a deux bergers allemands. Elle klaxonne avant de descendre de voiture, car elle en a marre de se faire mordre (voir plus haut).

« Personne ne venait, mais comme nous sommes obligés de laisser un avis de passage dans la boite aux lettres en cas d’absence, je m’apprêtais à le faire. Mais celle-ci se trouvait contre le pignon de la maison » dira la jeune femme.

Ajoutant : « Je me suis donc approchée au plus près, je jette le papier dans la boite aux lettres et me dépêche d’embrayer, pour partir avant que les molosses n’arrivent. Mais soudain, j’entends couiner, couiner, couiner… J’avais roulé sur les poules !

 

 

Chien de nazi

« Chez un client, le compteur se trouvait dehors, et en me voyant, le fils de la maison a couru chercher son père, qui est arrivé en compagnie de deux rottweilers.

L’homme me crie: « Dépêchez-vous de relever le compteur et cassez-vous, parce que sinon, je lâche mon chien ». Ajoutant : « Et vous savez, le rottweiler est un chien de nazi, alors faites gaffe ! ». Pauvre Fabrice…

Serpent

Agatha raconte : « Ce matin d’été, le client était absent. Je m’apprête à laisser un avis de passage dans sa boite aux lettres, et soudain, je sursaute en poussant un grand cri. Il y avait un serpent…en plastique, mais tellement bien imité que j’ai eu la peur de ma vie.

S’énervant : « Quel con, il a mis ça pour me terroriser, c’est malin !!! ».

Tapé dans l’œil

Et c’est Fabrice qui ferme la marche avec cette anecdote : « Je vais relever le compteur chez une cliente qui n’arrête pas de me regarder et de me parler pour ne rien dire. Dans la maison suivante, c’était une femme qui me dit : « Je ne sais pas ce que vous avez fait à ma sœur, mais en tous cas, vous lui avez tapé dans l’œil… ».

Alors, le métier de releveur de compteurs, vous en pensez quoi, chers lecteurs ?

*Prénoms d’emprunt

 

 


 

 



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